24 juin, 2020

Pétition: Pour une reprise verte, Guilbeault doit rejeter la privatisation

Cher Steven Guilbeault:

Pour la transition climatique, la reprise économique et le bien public, nous insistons pour que vous annuliez votre soutien antérieur à la privatisation et que vous vous engagiez dans une relance verte financée et administrée par l’État, créant de bons emplois syndiqués. La privatisation est coûteuse, inefficace, impopulaire et non-essentielle.

Contexte:

Steven Guilbeault est connu comme défenseur de l’environnement et est l’un des trois députés qui auraient été appelés à diriger la « relance écologique post-COVID ». Cependant, il possède des liens profonds avec des intérêts privés (remontant à plus d’une décennie), pouvant saboter le succès d’une transition climatique à ce moment crucial.

C’est pourquoi nous – ses électeurs et les personnes affectées par ses politiques – avons besoin que Guilbeault rejette publiquement son soutien antérieur à la privatisation (voir «soutien au REM» ci-dessous) immédiatement. Guilbeault doit s’engager à une transition climatique centrée sur l’expansion du secteur public et la création d’emplois syndiqués.

La privatisation gaspille constamment l’argent public et l’argent des consommateurs en garantissant des marges bénéficiaires aux investisseurs, en réduisant la qualité des emplois, en produisant des résultats minables et en créant des programmes louches pour extraire des revenus supplémentaires.

Si la privatisation joue un rôle clé dans une « relance verte », elle pourrait saper la confiance du public dans la transition climatique au moment même où cette confiance est essentielle.

Les « Partenariats Public-Privé » donneraient également des milliards de dollars à des investisseurs privés et qui se retrouveront dans des paradis fiscaux. Cet argent serait mieux dépensé pour créer de bons emplois et fournir des services de qualité à zéro carbone.

Liens avec les « privatiseurs » et les fraudeurs fiscaux

En 2007, Guilbeault s’est joint au cabinet de conseil en entreprise Deloitte. Nous ne savons pas grand-chose de ses contributions, mais Deloitte est bien connu pour les partenariats public-privé (une forme de privatisation et de profit des entreprises), bénéficiant d’une « Équipe de Partenariat Public à Privé » qui est « à l’avant-garde du secteur dans le monde ». La firme   « Big Four » a été au centre de divers scandales politiques au Canada et est bien connue à l’échelle internationale pour être l’un des « génies de l’évasion fiscale », et le Financial Times a indiqué que la firme avait aidé ses multinationales et les super-riches à procéder à l’évasion fiscale à l’échelle industrielle.

Les relations d’affaires de Guilbeault ont probablement aidé Équiterre, qui a conclu des ententes avec des acteurs corporatifs et recueilli de grosses sommes d’argent. En 2019, il a reçu plus de 3 millions de dollars en dons et 2 millions de dollars du gouvernement du Québec (plus à ce sujet dans un instant).

Guilbeault a quitté Équiterre en 2018, mais il avait déjà commencé à se faire passer pour un spécialiste du capital risqué travaillant comme consultant stratégique pour Cycle Capital Management et pour Copticom, une firme de relations publiques du secteur privé.

Support pour le REM

Le Réseau Électrique Métropolitain est un désastre en termes de planification, de coût, de bénéfice public et même d’impact écologique. Un gâchis de privatisation de plusieurs milliards de dollars, le train électrique automatisé desservant plusieurs banlieues de Montréal est conçu pour faire des profits pour les investisseurs privés, qui proviendront des fonds publics, probablement au détriment d’autres services de transport en commun. Dans une démarche sans précédent, les itinéraires pour les voies surélevées n’ont pas été choisis par des planificateurs travaillant dans l’intérêt public, mais pour maximiser les profits des biens immobiliers des investisseurs privés du projet.

Un développement de rail électrique ne devrait-il pas automatiquement être un pas positif pour conter les changement climatiques ? Malheureusement, non. La quantité massive de béton requise pour construire les rails surélevés générera environ un million de tonnes d’émissions de CO2, ce qui signifie qu’il faudra de nombreuses années avant d’observer des améliorations modestes de notre bilan d’émissions de gaz à effet de serre.

Suite à l’évaluation environnementale de la province révélant que le projet ne tiendrait probablement pas ses promesses au public ou à l’environnement, le REM souffrait d’un manque de crédibilité. Dans cet écart, Steven Guilbeault, qui est allé se battre pour le projet, l’a fait valoir dans la presse et auprès des politiciens.

Son plaidoyer lui a valu les éloges de Michael Sabia, le gourou de la privatisation qui a été sollicité par les libéraux pour diriger leur banque d’infrastructures propulsant la privatisation. En plaidant pour le REM, a expliqué Sabia, Guilbeault a fait preuve d’une approche « pragmatique » « pour faire participer d’autres personnes, pour construire des ponts ».

Après la performance de Guilbeault, le gouvernement libéral du Québec a annoncé qu’il accorderait à Équiterre 4 millions de dollars pour la promotion des véhicules électriques.

La “Liberal Infrastructure Bank” vise à attirer des capitaux privés… pour tirer profit du public

La Banque de l’infrastructure du Canada (CIB), qui jusqu’à présent a reçu 35 milliards de dollars pour investir, est centré sur l’idée qu’elle peut attirer des investisseurs privés pour construire ou gérer des infrastructures clés. Cependant, les taux d’intérêt sont bas et le gouvernement peut emprunter ce dont il a besoin, il n’y a donc aucune véritable raison d’attirer des capitaux privés… sauf pour générer des profits pour les investisseurs privés aux frais du public!

Déjà, la CIB a examiné la question de privatisation les réseaux d’eau municipaux, les aéroports, les autoroutes, les lignes ferroviaires, les ports, l’énergie et bien sûr le REM, discuté ci-dessus.

Comment ces projets généreront-ils des bénéfices pour les investisseurs privés ? Le plan habituel consiste à facturer des frais d’utilisation pour les projets actuellement financés par les recettes fiscales. Les frais d’utilisation sont effectivement une taxe régressive : les membres les plus pauvres de la société paient une plus grande proportion tandis que les riches paient moins.

Le résultat : l’accélération des inégalités et du ressentiment au sein de la classe ouvrière, ce qui sapera le soutien aux infrastructures vertes essentielles.

Le silence de Guilbeault sur ce programme scandaleusement erroné doit cesser.

Des alternatives publiques existent, les entreprises canadiennes les répriment

Avec des taux d’intérêt bas, c’est le moment idéal pour construire une infrastructure verte financée par l’État et administrée démocratiquement. Construire ou moderniser des lignes ferroviaires, des logements sociaux, des plaques tournantes de distribution alimentaire, créer de nouvelles lignes de bus, établir un réseau électrique vert ou nettoyer le gâchis environnemental laissé par l’économie des combustibles fossiles : tout cela peut être fait maintenant, et cela peut créer des emplois syndiqués.

De nombreuses propositions existent déjà. Les travailleurs et travailleuses de Postes Canada ont l’intention de transformer Postes Canada en un moteur pour l’économie verte tout en autonomisant financièrement les collectivités à faible revenu et éloignées. Les travailleurs du secteur public ont lancé une campagne pour intégrer tous les soins de longue durée dans le secteur public après les morts massives lors de la crise COVID. Courage a présenté une feuille de route pour les télécommunications publiques, qui est devenue plus urgente que jamais car des niveaux de connectivité sans précédent sont nécessaires pour le travail et la vie civique.

Partout dans le monde, les gouvernements se tournent vers des « Partenariats Public-Public » innovants – des collaborations entre différents organismes et agences gouvernementales pour créer des solutions d’intérêt public pour le climat, l’alimentation, le logement et plus.

Alors, d’où provient la répression de ses solutions démocratique ? Les liens profonds entre des libéraux et les intérêts des entreprises signifient que les politiques de bon sens comme la taxation des riches et des sociétés pour financer les services publics demeurent hors de portée.

C’est pourquoi Steven Guilbeault doit immédiatement renoncer à ces relations et s’engager à agir dans l’intérêt public.